Régis Dorval

  • Galerie Dor­val, Lille, France

Alain Godon l’enchanteur …….

Eton­nant par­cours que celui d’Alain Godon ! Avant d’être l’artiste reconnu qu’il est devenu depuis une quin­zaine d’années, ce fils de médecin de la cam­pagne arra­geoise, fut suc­ces­sive­ment ; instruc­teur para­chutiste, pein­tre sur les trot­toirs de Lon­dres et de Paris, gérant de night club, de mag­a­sins de vête­ments branchés et car­i­ca­tur­iste de presse.

Ce faisant, le plus clair de son temps, il le pas­sait à dessiner, pas­sion héritée de son oncle archi­tecte et ami des beaux arts, qui, con­scient du don de son neveu, lui donna un solide enseigne­ment académique pen­dant son enfance et sa jeunesse.
Croisant cet enfant ter­ri­ble depuis quelques années, (il vécut au Tou­quet ou j’avais une galerie) ma sur­prise fut grande de voir ce can­dide trublion des fêtes tou­quet­toises, pousser timide­ment, un car­ton à dessin sous le bras, la porte de ma galerie. J’avais depuis longtemps l’habitude de ce genre de démarche, étant régulière­ment vis­ité par des artistes en mal d’exposition. Dans la quasi-​totalité des cas je refu­sais d’aller plus loin avec eux, m’étant spé­cial­isé dans la présen­ta­tion des pein­tres abstraits des années 1950.
Là, ce fut différent…Quel choc devant tant de fraîcheur et de per­son­nal­ité ! L’originalité et la maîtrise du dessin étaient éblouis­santes. Les accords de couleurs, par­fois osés, étaient néan­moins tou­jours justes, et il se dégageait de ses com­po­si­tions une ambiance jubi­la­toire, même quand quelque fois elle se voulait grinçante.
Pour moi, un pein­tre était né, et je lui pro­po­sais sur le champ, une expo­si­tion, en pri­ant pour qu’il ne change pas. Il y a depuis une évo­lu­tion dans son tra­vail et la fraîcheur est tou­jours là. Je pense qu’elle est une des clés de son suc­cès, et je lui souhaite de nous enchanter encore très longtemps.